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Fiche Métier : Le maréchal-ferrant ne fait plus cavalier seul

1 700 maréchaux-ferrants exercent en France, alors qu’ils étaient à peine 300 il y a quarante ans !

Depuis 1996, il est obligatoire d’être diplômé pour devenir maréchal-ferrant, un artisan qui collabore étroitement avec le cavalier, le vétérinaire, le kinésithérapeute et l’ostéopathe.

Le Salon du cheval de Paris qui fête sa 40ème édition jusqu'au 11 décembre, est l’occasion de s’intéresser à ce métier vieux de trois mille ans qui a le vent en poupe chez les jeunes passionnés d’équitation. 1 700 maréchaux-ferrants exercent aujourd’hui en France, alors qu’ils étaient à peine 300 il y a quarante ans. La maréchalerie, qui se pratique essentiellement dans des activités de sport et de loisir, a changé. Ce n’est plus le cheval qui vient à la forge mais le maréchal-ferrant qui se déplace avec son véhicule-atelier. Il gère la ferrure dans les centres équestres, les écuries de course, les élevages et chez les particuliers. Les techniques ont elles aussi beaucoup progressé. Le travail d’ajustement a pris le pas sur celui de la forge. Aujourd’hui, les maréchaux utilisent plutôt des fers préforgés industriels.

« Avant de devenir maréchal-ferrant, il est indispensable d’avoir un contact privilégié avec les chevaux. Mieux vaut être cavalier pour comprendre les réactions du cheval et les exigences des clients », assure Patrick Doffemont, responsable de l’Institut de la maréchalerie, à Paris (IVe) et ancien formateur. Depuis 1996, il est obligatoire d’être diplômé pour exercer : CAPA (certificat d’aptitude professionnelle agricole) ou BEPA (brevet d’aptitude professionnelle agricole) option maréchalerie. Ces diplômes peuvent s’obtenir par la formation initiale, en lycée professionnel après la classe de troisième, ou bien par l’apprentissage dans les CFA (centres de formations d’apprentis) entre 16 et 26 ans, ou encore par la formation continue, dans les centres de formation professionnelle et de promotion agricole, à partir de 18 ans.

« Il est préférable de poursuivre la formation car, après un Capa ou un Bepa, les élèves n’ont pas la connaissance approfondie du pied et de l’anatomie du cheval dont ils ont besoin pour s’adapter au diagnostic de plus en plus précis des vétérinaires », conseille Olivier Crèvecoeur, formateur au CFA de Beauvais (Oise). Le cursus peut être complété par un BTM (brevet technique des métiers) maréchalerie pour acquérir en deux ans des connaissances plus pointues en anatomie et en biomécanique. Autre solution : un Tour de France avec les Compagnons du devoir pour se former aux différentes disciplines équestres, tester plusieurs méthodes, voir des milliers d’équidés différents et apprendre une seconde langue à l’étranger.

Un métier très masculin

La plupart des maréchaux-ferrants sont des artisans indépendants, seuls 12% sont salariés. Selon l’institut de la maréchalerie, ils gagnent en moyenne 1800 € brut par mois, du SMIC (1393 € brut) pour un ouvrier à 3500 € brut pour un chef d’entreprise.

« Dans quinze ans, l’image du maréchal-ferrant solitaire ne sera plus d’actualité. Le travail individuel se transforme en travail d’équipe, avec le cavalier, le vétérinaire, le kinésithérapeute et l’ostéopathe. Les maréchaux doivent apprendre à communiquer, une grosse lacune dans la profession », poursuit Patrick Doffemont.

La carrière d’un maréchal-ferrant dure en moyenne vingt ans. Elle est souvent arrêtée par des problèmes de dos ou de genoux, dus à la position courbée sous le cheval. A cela s’ajoutent les nombreux kilomètres parcourus et le matériel à transporter (forge, enclume, bouteille de gaz) qui dépasse les 100 kg. Cette pénibilité explique que ce métier soit essentiellement masculin. Seules 25 femmes le pratiquent actuellement en France.

TEMOIN : Jérémy JECKER,
30 ans, maréchal-ferrant à Maisons-Alfort (Val-de-Marne)


"Le compagnonnage est une formidable école"

Cavalier depuis qu’il a 7 ans, Jérémy a su très jeune qu’il voulait exercer un métier manuel au contact des chevaux. Maréchal-ferrant s’est imposé rapidement comme unique choix de carrière. Après le collège, il décroche en deux ans le Bepa (brevet d’aptitude professionnelle agricole) option maréchalerie au lycée agricole de Mirande (Gers). « Je savais que ce diplôme n’était qu’une base et que je devais apprendre mon métier sur le terrain. »

Il choisit d’entrer chez les Compagnons du devoir et d’effectuer un tour de France. Celui-ci dure finalement neuf ans et dépasse largement les frontières pour aller jusqu’en Australie en passant par l’Allemagne, la Lituanie, le Portugal, le Mexique et les Emirats Arabes. « Le compagnonnage est une formidable école. J’ai saisi toutes les opportunités pour apprendre un maximum. »

A son retour, il y a quatre ans, il est embauché comme salarié chez un maréchal-ferrant pour 2500 € net mensuels. « Je gagne plus que la plupart des maréchaux à leur compte », reconnaît-il. Il s’occupe essentiellement de chevaux de concours de sauts d’obstacles de haut niveau, mais aussi de chevaux de clubs et de propriétaires, et enfin des chevaux de la troupe Mario Luraschi, employés pour des cascades dans le cinéma. Cette dernière activité lui permet de continuer à voyager. Chaque jour, il commence à 6h30 pour terminer parfois à 20 heures. « Les journées sont longues mais je ne connais pas la routine. » Il donne aussi bénévolement quelques heures de cours par semaine aux élèves de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. Après treize ans d’activité sans aucun accident du travail, Jérémy espère continuer encore longtemps son métier-passion.


EN SAVOIR PLUS
Y aller
- Salon du cheval
La Fédération nationale des artisans et petites entreprises en milieu rural (Fnar) et l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) y présenteront notamment l’activité des maréchaux ferrant. Du 3 au 11 décembre, de 9 h ou 10 h à 19 h ou 20 h selon les jours, parc des expositions de Paris Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis).
13 € la semaine, 17 € le weekend et 10 à 14 € tarif réduit.Moins de 6 ans : gratuit. www.saloncheval.com
A consulter
- Tout sur le compagnonnage : www.compagnonsdudevoir.com
- Le centre de ressources et de recherche des Compagnons du devoir renseigne sur le métier et propose des rencontres et des conférences : www.institutmarechalerie.com
- Le service formation des haras nationaux renseigne sur les métiers et formations de la filière équine, offres d’emplois et de stages.
Médiathèque et librairie en ligne : www.equiressources.com
- Le site de l’Union nationale des maisons familiales rurales qui préparent au Capa maréchalerie par alternance : www.mfr.asso.fr
A lire
- "La Formation initiale en maréchalerie", collectif. Ed. Librairie du compagnonnage. 171 pages. 8,50€.
- "Chroniques maréchales" de Jean Mopin. Ed. Librairie du compagnonnage. 243 pages. 12€.

Dossier réalisé par Julie Chaleil
Article paru dans Le Parisien Économie du lundi 28 novembre 2011

Contact
05.12.2011

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