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Sciences Po : un nouveau concours pour «amener à se présenter des élèves qui n’osaient pas»

Frédéric Mion, directeur de la prestigieuse école, nous détaille en exclusivité le contenu des nouvelles épreuves, qui entrent en vigueur cette année.

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Avec ce nouveau concours, Frédéric Mion, le directeur de Sciences Po, souhaite « un vivier de talents plus important ». LP/Céline Carez

Par Christel Brigaudeau

Vingt ans après avoir secoué le cocotier de l'élitisme, en introduisant une dose de discrimination positive dans son recrutement, Sciences Po abandonne ce sur quoi les grandes écoles à la française fondent leur prestige et leur réputation : un concours basé sur des écrits ultra-sélectifs. L'annonce de ce changement, faite l'an dernier, avait créé un petit séisme. Alors que la réforme se met en place, le directeur de l'école, Frédéric Mion, nous détaille le contenu des nouvelles épreuves.

Le concours de Sciences Po change cette année. A quoi va-t-il ressembler ?


FRÉDÉRIC MION. La candidature passera par Parcoursup et contiendra quatre volets d'un poids égal : la performance académique depuis la seconde, toutes les notes obtenues au bac disponibles sur Parcoursup, un dossier composé notamment des éléments de motivation et de la réponse à une question personnelle, divulguée au moment de la candidature. Enfin, un oral d'admission en visioconférence, pendant 30 minutes.

Quel type de « question personnelle » pourra être posé ?


Par exemple, une question comme « parmi les personnes de votre entourage, quelle est celle qui vous a le plus inspiré ? »

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Quel est l'objectif de cette réforme ?


Nous espérons que la simplification de notre procédure d'admission du concours va amener des élèves qui n'osaient pas à se présenter. Nous avons aussi une ambition d'ouverture sociale très affirmée. La discrimination positive mise en place il y a 20 ans demeure, et elle est même renforcée : nous doublons le nombre de nos lycées partenaires (106 actuellement) et nous élargissons aussi la place de leurs élèves au sein des promotions. D'un peu moins de 10 % aujourd'hui, ils seront au minimum 15 %. Nous souhaitons aussi porter le taux d'étudiants boursiers de 25 % à 30 %.

Pourquoi doubler le nombre de lycées partenaires, sans doubler l'objectif d'admis, parmi les élèves issus de milieux moins favorisés ?


L'objectif n'est pas de rendre l'accès à Sciences Po impossible pour les autres, mais de disposer d'un vivier de talents plus importants, venus de lycées périurbains de l'éducation prioritaire mais aussi de lycées ruraux ou semi-ruraux.

Quelles matières seront évaluées ?


Nous évaluerons les matières du tronc commun et les spécialités des lycéens, sans en privilégier aucune. Nous avons essayé de préparer une procédure d'admission qui colle à la réforme du baccalauréat, et pour laquelle les élèves n'ont pas besoin d'une préparation spécifique en dehors du lycée. Je suis très frappé de voir que beaucoup de candidats se présentent en des termes très standardisés : il y a une forme d'homogénéisation du fait des prépas, qui finit par nuire aux élèves, parce qu'on ne voit plus qui ils sont.

Depuis que Sciences Po a ouvert la voie de la discrimination positive en France il y a 20 ans, aucune autre grande école ne l'a suivie. Pourquoi ?


Il faudrait leur demander ! Personne ne considère que c'est une panacée, mais si on veut plus de diversité dans nos élites, il n'y a pas d'autre choix que la discrimination positive. Une course ne peut pas être juste si une partie des concurrents partent 100 m derrière la ligne de départ.

Un oral à distance ne risque-t-il pas de désavantager les élèves moins à l'aise socialement ?


Au contraire ! Non seulement c'est moins cher pour les candidats, mais c'est moins intimidant. Le confinement nous a conduits à tester les entretiens à distance, et cela a été pour les jurys une forme de révélation. Nous avons connu à distance des échanges d'une vérité bien plus importante que les entretiens que nous faisons passer habituellement.

L'enseignement à distance est-il l'avenir ?


Il y a beaucoup à apprendre en positif de ce qui se passe maintenant, pour l'enseignement supérieur. Grâce à nos équipes, nous avons équipé nos salles de manière à ce que l'ensemble de nos cours puissent être suivis à distance, même si 50 % de nos cours se déroulent dans nos murs. Mais ce dont je suis plus convaincu que jamais, c'est que rien ne remplace le contact entre professeurs et étudiants, et entre étudiants eux-mêmes. Je ne suis pas de ceux qui pensent que ce qui se passe maintenant est une préfiguration de l'université de demain.

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