La Comédie musicale Avenue Q débarque à Paris à Bobino ! Avenue Q, est un pastiche de 1 rue Sésame pour adultes. Trouver sa place dans le monde, un sens à sa vie c’est le lot de tous, jeunes bien sûr mais aussi moins jeunes. Comme le dit Princeton, un des personnages : « J’irais pas loin, même avec un bac + 20 ». Pourtant, ce sont eux qui, en surfant sur le net, déclenchent aujourd’hui des révolutions en Tunisie, en Egypte, en Espagne…mais sur l’Avenue ils restent scotchés sur des sites Pornos et font du sur place. Pourtant tous pensent à la même chose : trouver l’amour et un sens à tout ça.
Mais y a-t-il seulement un sens ?
Avenue Q, c’est donc « 1 rue Sésame » qui aurait eu un enfant avec « South Park ». C’est la comédie musicale anglo-saxonne par excellence. Une impérieuse joie de vivre bâtie sur du désespoir mais avec d’énormes morceaux d’amour dedans.
Avenue Q, c’est Qarrément poilant !
Spectacle déconseillé aux enfants de moins de 12 ans
Avenue Q : la critique du Parisien
« Avenue Q » : des peluches et des hommes
«Un ovni », « un pari », reconnaît le producteur d’« Avenue Q », qui investit Bobino à partir de demain. Huit acteurs-chanteurs, une dizaine de marionnettes, six musiciens et un budget de plusieurs millions d’euros pour un show emballant dans sa version américaine. L’adaptation française va-t-elle trouver son public?
Ça vient d’où ? De l’imagination de trois jeunes Américains (Robert Lopez, Jeff Marx, Jeff Whitty), qui ont l’idée en 2003 de détourner les marionnettes de l’émission pour enfants « 1, rue Sésame », dans une comédie musicale d’un nouveau genre. Toujours joué à New York, le show a été adapté dans une vingtaine de pays. En France, c’est le producteur Bernard Bitan qui a décroché les droits, grillant la politesse à Jamel Debbouze. L’adaptation est signée Bruno Gaccio, l’ex-auteur des « Guignols ».
Ça parle de quoi ? De chômage, de racisme, de sexe, et d’amour! « C’est votre vie en plus drôle », clame le slogan du spectacle. Dans une rue pauvre de New York, sur l’avenue Q (« L’avenue A, c’était trop cher, l’avenue B aussi… »), cohabitent des humains et des monstres. Le jeune Princeton rencontre une jolie petite monstre (« jouée » par Shirel, la fille de Jeane Manson), un assureur coincé et homo refoulé, une vamp sexy (Lucy la Salope), un monstre poilu obsédé sexuel, le Willy de la série « Arnold et Willy », devenu concierge!
Ça ressemble à quoi ? A rien de ce qui existe! Les acteurs-chanteurs qui manipulent les marionnettes sont visibles : ils donnent vie à leurs personnages en feutrine, qui sont les vrais héros du spectacle. Déroutant au début, mais, au bout de trois minutes, on ne fait plus attention. « C’est comme les sous-titres d’un film », résume le producteur. Les chansons, drôles et accrocheuses, contribuent beaucoup à la qualité du show : « Ça craint d’être moi », « Tout le monde est titi peu raciste », « Internet c’est pour le cul »…
Ça s’adresse à qui ? Surtout pas aux enfants (déconseillé aux moins de 12 ans), notamment à cause d’une scène torride entre deux peluches! Pour les ados et les adultes, pas besoin d’aimer les marionnettes. Ces personnages chantent tout haut ce qu’on pense tout bas. Si en plus vous aimez les comédies musicales made in Broadway, vous êtes à la bonne adresse.
Thierry Dague - Edition du Parisien/Aujourd'hui en France du lundi 06 février 2012
L'histoire d'Avenue Q
Princeton, jeune diplômé de grec ancien, débarque à New York avec de grands rêves, mais «sans un rond». Il atterrit donc sur l’Avenue Q.
Pourquoi ? Parce que l'avenue A, c’est trop cher ! L’avenue B ?
C’est très cher ! L’avenue D c’est encore cher… Donc : Avenue Q.
Ses voisins sont tous sympas et dans la même situation que lui. Brian, comédien comique au chômage et sa fiancée japonaise Tatami, psychothérapeute sans clients parce qu’elle n’est pas très «psychologue» justement. Nicky, flemmard pique-assiette super-charmant qui squatte chez Rod, courtier en assurance, de droite, rigide et homo refoulé. Trekkie Monster, énorme boule de poils, obsédé sexuel, addict à internet. Willy, l’intendant, homme à tout faire, Willy est très particulier, il est LE Willy de «Arnold et Willy». Celui dont personne ne se souvient, la plus grande vedette non identifiée du monde !
Et puis il y a Kate Monster. Jolie maîtresse d’école, idéaliste, belle, douce et qui veut aimer, c’est toute sa vie : aimer ! C’est une boule d’amour, de passion, de romantisme et elle va tomber raide dingue de Princeton. Qui ne verra rien. Il y a aussi des Ours Amis Pourris qui vous font faire les pires bêtises au pire moment, une directrice d’école aigrie et teigneuse et Lucy la Salope, dont on ne peut pas trouver meilleur qualificatif que son nom. Un seul objectif commun pourtant : trouver du boulot, un vrai logement, de l’argent, de l’amour…
Bref, un sens à leur vie.
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