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DATE :
LIEU : Jeu de Paume (Site Concorde) (Paris 75008)
HORAIRE : Tlj sauf lundi, de 11 h à 19 h (21 h le mardi)
TARIF : de 5,50 à 8,50 euros
ATTENTION : événement terminé !Double jeu au Jeu de Paume
Deux expositions concomitantes dans ce haut lieu de la photographie forment un étonnant et fécond parallèle entre deux artistes et leurs œuvres très dissemblables.
Eva Besnyö, 1910-2003, L'image sensible et Laurent Grasso qui manipule l'image en imposant des perspectives inhabituelles à son sujet.
Eva Besnyö, 1910-2003, L'image sensible
Pour cette Hongroise d'origine juive, la photo fut à la fois un mode d'expression et la voie de l'émancipation. Comme pour ses pairs et compatriotes Robert Capa et André Kertész, l'Europe est son terrain. Elle vit à Berlin et s'oppose à la montée du nazisme, avant de passer aux Pays-Bas et de se réfugier dans la clandestinité. Son œuvre, marquée par les villes où elle a vécu, joue hardiment avec la lumière et les formes, sans cesser de capter avec une subtile émotion notre condition. Dans les années 70, elle met son art au service du féminisme. 120 de ses tirages sont exposés.
Artiste d’origine hongroise moins connue que ses compatriotes Robert Capa et André Kertész, mais “grande dame de la photographie néerlandaise”, Eva Besnyö est de ces femmes qui ont trouvé dans la photographie non seulement un métier mais une forme d’émancipation, et de ces artistes d’avant-garde, émigrés, qui choisirent l’Europe comme terrain de jeu et de travail. La première rétrospective que consacre le Jeu de Paume à Eva Besnyö met en lumière le travail de cette photographe dont la carrière s’est enrichie des villes qu’elle a traversées.
En 1930, alors qu’Eva Besnyö (1910-2003) arrive à Berlin, tout juste âgée de vingt ans, avec en poche un certificat attestant sa formation dans le studio de Jozsef Pesci à Budapest, elle a déjà pris deux décisions majeures : faire de la photographie son métier, et quitter définitivement la Hongrie fasciste. Besnyö découvre à Berlin une métropole démocratique dans son mode de vie et très ouverte sur les expériences artistiques. Ayant trouvé du travail auprès du photographe de presse Peter Weller, elle sillonne la ville jour après jour avec son appareil photo, en quête de motifs sur des chantiers de construction, près du lac Wannsee, au zoo ou dans les stades.
Son sens politique très développé la pousse à quitter Berlin à l’automne 1932 pour gagner Amsterdam. Soutenue par le cercle qui gravite autour de la peintre Charley Toorop, du cinéaste Joris Ivens et du designer Gerrit Rietveld, Eva Besnyö – qui a épousé entre-temps le caméraman John Fernhout – se fait bientôt connaître du grand public. En 1933, une exposition personnelle organisée dans la galerie Van Liert, de renommée internationale, lui vaut de devenir célèbre aux Pays-Bas pratiquement du jour au lendemain. Quelques années plus tard, elle consolide sa réputation avec ses photographies d’architecture, qui traduisent en une “Nouvelle Vision” l’idée du “Nouveau Bâtiment” fonctionnaliste.
Dans la seconde moitié des années 1930, Besnyö s’engage très activement dans la politique par le biais de ses activités culturelles, en participant notamment, en 1936, à l’exposition antiolympiades “D-O-O-D” (De Olympiade onder Diktatur). L’année suivante, elle est commissaire de l’exposition internationale “foto ’37” qui se tient au Stedelijk Museum à Amsterdam. L’invasion des troupes allemandes, en mai 1940, l’oblige, en tant que juive, à vivre dans la clandestinité. Après la guerre, elle est séduite par une vision du monde façonnée par l’humanisme, et ses photographies, stylistiquement décisives dans le développement du néoréalisme, trouvent parfaitement leur place dans l’exposition “Family of Man” (1955).
Mère de deux enfants, elle a connu – et vécu – de façon profonde et très personnelle le conflit classique pour les femmes, du choix entre l’éducation de ses enfants et la pratique de sa profession ; dans les années 1970, elle s’engage donc dans le mouvement féministe “Dolle Mina”, réclamant l’égalité des droits et rendant compte avec son appareil photo des manifestations de rue.
Avec plus de 120 tirages d'époque et de nombreux documents originaux, cette première rétrospective en France vise à faire connaître au public cette artiste, cosmopolite convaincue et grande dame de la photographie néerlandaise.

Cet événement fait partie de la sélection BOUGEZ
Paris
75008
Concorde
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