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Masters, mastères, MBA : la meilleure arme anti-crise ?

Malgré un contexte de crise, les jeunes diplômés de masters et MBA ont encore de beaux jours devant eux.

Contexte de crise, instabilité du marché de l’emploi… Pour les jeunes diplômés, la conjoncture n’est pas des plus favorables. Ils ont cependant de belles cartes à jouer, grâce aux atouts des écoles et à la qualité de leur formation.

Accepter un contrat temporaire, se résoudre à déménager, revoir ses exigences salariales, et même prendre un job en dehors de son domaine de spécialité… Il y a un an, l’enquête de l’Apec sur l’insertion professionnelle des diplômés de 2009 révélait que les tensions sur le marché de l’emploi incitaient de plus en plus aux concessions. À la même époque, le Café de l’Avenir, une association créée en 2006 pour mettre en lien des représentants d’entreprise et des demandeurs d’emploi, notait une nouvelle tendance : l’arrivée en force de jeunes diplômés d’écoles de commerce, inquiets de n’avoir pas décroché de poste après trois mois de recherche.
Un an après, comment cette situation a-t-elle évolué ? Pour la promotion 2010, le ciel s’est franchement éclairci. Comme l’indique l’enquête de la Conférence des grandes écoles, «les indicateurs d’insertion professionnelle des jeunes diplômés se sont sensiblement améliorés après s’être dégradés ces deux dernières années». Tous les voyants sont repassés au vert. Près de 80 % sont en situation d’emploi moins de deux mois après leur sortie d’école. Après avoir chuté pour la promotion 2009 à 71 %, le taux de CDI dépasse les 76 % pour la promotion suivante. Du côté des rémunérations, là encore on note une hausse significative. Le salaire brut s’élève en moyenne à 32 800 euros, contre 30 100 l’année précédente.

Plus de diversité dans les recrutements

La crise ne serait-elle qu’un mauvais souvenir pour les diplômés d’école de commerce ? Si l’Apec reconnaît aujourd’hui une «embellie» de l’emploi, notamment dans les secteurs d’activités technologiques, l’association estime que la situation est «entre amélioration et inquiétudes». Une prudence qui s’explique par les incertitudes en termes d’investissements, qui demeurent la condition indispensable pour générer des recrutements et des créations d’emploi. Depuis quelques mois, la promotion 2011 arrive en masse à son tour, dans un contexte qui paraît moins favorable et alors que les incertitudes économiques n’ont jamais été aussi fortes.
À cette situation conjoncturelle se rajoute un autre phénomène : les entreprises s’ouvrent de plus en plus à des profils hors écoles de commerce. C’est par exemple le cas de Danone, qui accueille aujourd’hui 20 % de jeunes formés par l’université dans ses recrutements. L’objectif est de favoriser la diversité, à l’image de BNP Paribas qui a signé en moins d’un an des partenariats avec deux universités. Le groupe recrute d’ailleurs la même proportion de diplômés d’école de commerce et d’université. Une même dynamique se retrouve chez Accenture, une société de conseil aux entreprises qui visait les 700 recrutements de jeunes diplômés en 2011. Pour des groupes comme Total ou Seb, le développement des activités à l’international s’appuie sur un sourcing de candidats plus large, avec un intérêt de plus en plus marqué pour les diplômés d’écoles ou universités étrangères.

Une adaptation constante des formations

Entre morosité du marché de l’emploi et concurrence accrue, les diplômés des écoles de commerce ont pourtant de nombreuses cartes à jouer, qu’il s’agisse de formation initiale ou continue. Une étude d’InfraForces, réalisée en 2010, souligne qu’une majorité de recruteurs se déclarent satisfaits des profils école de commerce, en mettant en avant la qualité de leur formation. «Les entreprises n’ont plus le temps de former, en interne, les nouveaux collaborateurs, estime Laurent Bergeruc, directeur des 3e cycles de l’INSEEC. Elles recherchent des profils experts, immédiatement opérationnels, ce qui augmente les chances d’être recruté.» Une des grandes forces des écoles concerne leur proximité avec le monde de l’entreprise. Elles conçoivent leurs programmes en tenant compte des opportunités en termes d’insertion professionnelle et adaptent en permanence leur offre. 5 à 10 % des spécialisations de l’INSEEC sont ainsi remaniées chaque année. «Quand plus d’un quart de la promotion n’obtient pas de CDI au bout de trois mois, on ferme la spécialisation», précise Laurent Bergeruc.
L’ENPC School of International Management propose aujourd’hui un MBA “Gestion du risque en entreprise”. «Nous avons créé cette spécialisation car elle correspond à une attente croissante des entreprises, c’est un sujet de plus en plus stratégique», confirme Tawfik Jelassi, directeur de l’école. Toutes les écoles partagent aujourd’hui cette même orientation : développer en permanence de nouvelles offres, adaptées aux attentes des entreprises. La principale difficulté est d’éviter les effets de mode, pour privilégier les tendances fortes. «Les professionnels qui interviennent dans les cours peuvent également sensibiliser les étudiants sur les nouveaux débouchés, estime Olivier Epinette, directeur des programmes spécialisés de Telecom Ecole de Management. Il est très important de mobiliser les futurs employeurs dans l’enseignement.» Une façon efficace de développer un réseau professionnel, intégrant de potentiels recruteurs…

Des apprentis très demandés

«On ne note pas de difficulté d’insertion pour nos diplômés de mastères spécialisés, confirme Olivier Epinette. Nous nous assurons que la taille de la promotion correspond bien aux besoins du marché, pour placer tous nos étudiants.» Des diplômés plus polyvalents, avec des compétences multiples, tournés sur l’international… Pour Lofti Hamzi, directeur des mastères de Reims Management School, «ces nouvelles attentes des entreprises vont modifier, dans les prochaines années, les formations proposées par les écoles».
La dernière enquête de la Conférence des grandes écoles confirme le rôle clé de l’expérience. Pour 40 % des jeunes diplômés, l’immersion professionnelle reste le moyen privilégié d’accéder à l’emploi. La plupart des écoles misent sur les stages, en France ou à l’étranger, tout au long de la scolarité. Une autre tendance indique que les diplômés ont bien compris l’intérêt des expériences pratiques : le volontariat international en entreprise (V.I.E), qui permet aux entreprises de confier à un jeune de moins de 28 ans une mission professionnelle à l’étranger. La formule, qui a séduit plus de 20 000 diplômés, apporte une vraie plus-value en termes d’insertion : 70 % des V.I.E reçoivent une proposition d’embauche à l’issue de la mission.
La dimension professionnalisante passe également par le contrat d’apprentissage, qui concerne jusqu’à 30 % des étudiants. En dehors de l’intérêt financier (voir l’encadré page E), la filière assure la montée en compétences des étudiants, par leur implication marquée et prolongée dans le monde professionnel. «Les entreprises proposent de plus en plus d’offres d’apprentissage, constate Franck Moreau, directeur du programme Grande École de SKEMA. Cette filière facilite la construction du projet professionnel des étudiants et améliore leur insertion dans l'emploi.» La majorité des entreprises proposent un CDI à l’issue de la période d’apprentissage. Une manière de sécuriser les recrutements : elles connaissent déjà le collaborateur, celui-ci étant considéré comme immédiatement opérationnel.

Valoriser différemment son CV

«Nous n’avons aucune difficulté à caser nos apprentis, confirme Christine Pochet, directrice de l’IAE de Paris. L’offre de missions est deux fois plus importante que la demande, ce qui laisse le choix aux étudiants.» Pour tous les responsables d’école, l’apprentissage facilite l’insertion, avec en prime un salaire d’embauche sensiblement plus élevé. En effet, les diplômés ont conscience de la valeur de leur parcours, et les entreprises apprécient de disposer de collaborateurs juniors mais déjà expérimentés.
Une autre force des écoles concerne leurs réseaux d’anciens, forts de plusieurs milliers de membres. Un exemple parmi d’autres : l’EDC, qui appartient d’ailleurs à d’anciens élèves, valorise un réseau de plus de 10 000 membres. Si la cooptation fonctionne bien, pour un stage ou un emploi, le rôle des anciens est plus large : animation de séances de coaching, conseils sur les stratégies de recherche d’emploi, participation aux forums organisés par les écoles, etc.«C’est un facteur très important pour l’insertion professionnelle», estime Laurent Bergeruc. C’est surtout le cas pour la formation initiale, mais les mastères spécialisés ou les MBA, surtout destinés à des professionnels en activité ou en reconversion, stimulent un esprit de promotion qui s’inscrit dans la durée. Pour Marie-Hélène Abbo, responsable du MBA France Inde de l’ESC Pau, «le carnet d’adresses que se constitue un étudiant lui ouvre des perspectives d’emploi intéressantes».



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Dossier réalisé par Gilles MARCHAND
Article paru dans Le Parisien Économie du lundi 12 décembre 2011

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